jeudi 3 août 2017

Effroyable Porcelaine - Vincent Tassy

Editions du Chat Noir
190 pages
10 €



Le premier roman de la nouvelle collection Chatons Hantés des Editions du Chat noir, spécialisée dans les histoires d'horreur illustrées pour la jeunesse : comment passer à côté ?


L'histoire :

Sibylle Delombre est une collégienne ordinaire. Enfin, si l’on considère qu’il est ordinaire de décorer sa chambre avec des ossements, des peluches chauves-souris, des schémas de dissection et des grimoires. Oui, Sibylle aime bien l’étrange et le mystère. Ainsi, elle a de quoi se réjouir lorsque sa mère lui propose de l’accompagner pour débarrasser un vieux château. Mais tous les objets bizarres qu’elle rêvait d’y découvrir ne sont rien en comparaison de la splendide poupée en robe noire, aux cheveux argentés comme un clair de lune, qu’elle trouve dans une chambre et qu’elle s’approprie aussitôt, séduite par sa beauté vénéneuse. Et si les cauchemars qui se mettent alors à hanter les nuits de Sibylle avaient un lien avec elle ? Et si cette poupée, aux yeux violets, au regard aussi triste que cruel, n’était pas inoffensive ? Quel terrible secret renferme l’effroyable porcelaine ?


L'extrait :

D'accord, elle avait peu d'amis, passait beaucoup de temps à lire ou à dessiner dans sa chambre, préférait la nuit au jour et l'hiver à l'été, mais son grand calme, ses beaux sourires et sa passion pour les histoires ne laissaient aucun doute : c'était une jeune fille heureuse et équilibrée.


Mon avis :

Rien d'étonnant avec les éditions du Chat Noir mais encore une fois un ouvrage magnifique. Les illustrations de Mina M représentent parfaitement l'histoire, pleine de douceur et de sensibilité.

L'histoire de poupée hantée, bien qu'adressée aux enfants, peut donner quelques frissons aux adultes. De l'horreur à petite dose pour les moins courageux d'entre nous.

La jeune Sybille est une jeune fille pas comme les autres : elle aime l'hiver, les couleurs sombres et les histoires d'horreur, contrairement à la plupart des enfants de son âge. Sa différence la rend très attachante. D'autant qu'elle cache une véritable sensibilité et fait preuve d'une grande maturité. 
Ses liens avec sa mère, qui l'accepte telle qu'elle est et ne remet pas en question ses actes, ses fréquentations ou encore son apparence sont un bel exemple de relation mère-fille.

La poupée est un personnage à part entière et constitue le lien entre Sybille et le premier enfant a avoir possédé cet objet hanté.
L'histoire se déroule donc sur deux temporalités avec une alternance de chapitres Cet aspect donne du rythme et de la profondeur à l'histoire.

Le lien tout particulier que Sybille entretient avec la poupée prend tout son sens en fin de roman. Une fin tout à fait inattendue et extrêmement touchante par le message qu'elle véhicule.
A bien y réfléchir, l'auteur laisse des indices tout au fil de son récit. Mais pour un jeune public (et même pour des lecteurs avertis), les éléments ne sont pas faciles à relier. J'ai émis plusieurs hypothèses au long des pages mais il m'a fallu attendre les dernières pages pour tout mettre bout à bout. Ce qui est très appréciable étant donné que ce livre est en principe destiné à un public de 9 à 12 ans.

L'auteur aborde les sujets de l'amitié et de la tolérance d'une manière originale, poétique, qui peut parler aux lecteurs de tout âge. Il pousse à s'accepter soi-même puisque, s'il y aura toujours quelqu'un pour te critiquer, il y aura aussi toujours quelqu'un pour te tendre la maison.
Une plume fluide, de belles illustrations, un message fort : un petit bijoux.

1 commentaire:

  1. Je suis totalement d'accord avec toi. J'ai lu ce roman assez récemment et j'ai adoré les différentes thématiques abordées par l'auteur, le tout avec une ambiance bien particulière. ça m'a rappelé les histoires d'horreur que l'on se racontaient enfants avec es amies.
    Personnellement, même si Sibylle était très attachante, je lui ai préféré Philémon ^_^

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